Archive pour la catégorie 'Environnement'

Un avis sur le projet de mine d’or

Mardi 17 avril 2007

Plusieurs articles concernant la mine d’or de Camp Caïman ont été publiés dans la Semaine Guyanaise du 24-30 mars 2007.  Notamment cet article de Fredéric Farine qui interroge Philippe Cerdan, docteur en Sciences, expert en hydrobiologie, sur le projet minier et l’environnement.  Ces personnes ont vu et étudié le projet de près et expriment leur opinion.

             Philippe Cerdan:il faut arrêter de polémiquer sur les détails                   Philippe Cerdan: il faut arrêter de polémiquer sur les détails (2)

 

Le bassin versant de la mine d’or de Camp Caïman

Mercredi 18 octobre 2006

Définissons un bassin versant :

Ensemble des pentes inclinées vers un même cours d’eau et

y déversant leurs eaux de ruissellement.

Bassin versant

(dessin tiré de http://www.rappel.qc.ca/EAbassins.html)

Quel est le problème?

Certains prétendent que les eaux qui sortiront de la mine d’or iront vers les Marais de Kaw. C’est faux, voici ce qui se passe.

La carte IGN (Institut Géographique National de France) indique un sens d’écoulement des criques vers les Marais de Kaw. Des vérifications ont eu lieu, à pied et par des moyens aériens (laser sur hélicoptère).

Carte de Camp Caïman et la ligne de partage des eaux
Ligne de partage des eaux autour de Camp Caïman

Les observations de la compagnie, dès novembre 1998, indiquent un sens d’écoulement contraire à la carte IGN. Un levé aéroporté à 20m au-dessus des arbres par hélicoptère le montre. Et c’est vérifié à pied. Comme le levé est fait en saison sèche, on recommence en avril 2004, en pleine saison des pluies. Le laser, entretemps, s’est amélioré, il donne une résolution au sol de 5m sur 5. Même conclusion, contraire à la carte IGN. Un employé de l’Institut nous dit que les levés au laser sont plus précis que les cartes faites à partir des photos aériennes. On l’a constaté.

La partie gauche de la figure représente l’interprétation IGN à partir des photos aériennes.

L’encadré coloré de la partie droite montre la portion de marécage litigieuse analysée par hélicoptère, avec son sens réel d’écoulement.

Carte IGN autour de la mine d'or de camp caïman
comparaison des cartes

Deux visites à pied en 2006 finissent par rassurer tout le monde: l’eau de la mine de Camp Caïman ne coule pas vers les MARAIS de KAW.

La végétation du marécage lors d’une des visites de vérification du sens de l’écoulement des eaux.

Photo des marais de Kaw pour vérifier l'écoulement des eaux en vue de l'installation de la mine d'or de Camp Caïman

Photo des marais de Kaw pour vérifier l'écoulement des eaux en vue de l'installation de la mine d'or de Camp Caïman

Photo des marais de Kaw pour vérifier l'écoulement des eaux en vue de l'installation de la mine d'or de Camp Caïman

Végétation et biodiversité

Lundi 2 octobre 2006

Végétation

Dans le parc à résidus épaissis (boues partiellement déshydratées) constitué en cellules, la végétalisation commencera dès que la première cellule sera remplie (2 ans). Les deux techniques proposées pour la revégétation des sols sont déjà éprouvées dans des régions tropicales. Elles ne font appel qu’aux espèces naturelles de la région.

La première, l’andainage des végétaux issus de la déforestation ou « andains différés » , a été mise au point en Équateur pour l’installation des plantations de palmier d’huile. Cette méthode favorise la reprise de la végétation naturelle environnant le site minier au cours de l’exploitation de celui-ci. Les espèces à croissance rapide s’installent naturellement d’abord, suivies des espèces de sous-bois qui poussent plus lentement. Elle est d’ailleurs reconnue par l’ONF (Office National des Forêts) comme favorisant la revégétalisation naturelle ultérieure du site.

La deuxième technique complète la première. C’est la réhabilitation avec ensemencements, méthode qui a eu du succès sur les anciens sites miniers alluvionnaires de la Guyane. Ainsi, la végétation reprend le dessus très vite. Il n’y a pas de crainte à avoir.

Végétation le long des fleuves en Guyane Française

Végétation le long des fleuves

Déboisement en Guyane et développement

Le déboisement existe bien pour l’agriculture en Guyane. Cette activité est nécessaire car il faut que les populations vivent, travaillent et mangent. Le déboisement pour la mine est insignifiant par rapport au total annuel pour l’agriculture, la construction de routes ou de nouveaux lotissements.

Faut-il garder la Guyane sous cloche, n’a-t-elle pas droit à un développement comme toutes les autres parties du monde ? Le jardin réservé de qui et de quel droit ?

Depuis le 19ème siècle l’or est extrait de Guyane. La tendance 21ème siècle est de travailler « proprement » avec un grand respect pour l’environnement et on s’en félicite. Tant qu’il y aura une demande mondiale pour l’or, il y aura des mines d’or et de l’orpaillage.

Forêt dans la brume en Guyane Française

Forêt de Guyane

Biodiversité

La biodiversité ne risque rien. La compagnie participe depuis 10 ans à une étude du milieu initial qui permet de mieux connaître l’environnement de la mine. Il y a sur ce site une concentration d’études de toutes sortes, faune (mammifères, poissons, insectes…), flore. Le fait que toutes ces études soient focalisées sur la mine suggère sans doute que toute la richesse biologique y soit concentrée. Ce n’est pas le cas. Il y en a autant ailleurs mais elle n’y a pas encore été étudiée en détail.

Batracien rencontré en forêt

Batracien rencontré en forêt

Afin de protéger les espèces végétales sensibles qui seront touchées dans le cadre des aménagements et du défrichement forestier prévu lors des travaux de construction, la Société a fait, en collaboration avec des botanistes experts de la forêt tropicale, un projet de collecte et de transplantation d’une dizaine d’espèces dans un site similaire qui ne sera pas défriché. Il y a aussi eu le transfert au Conservatoire Botanique National de Brest de graines et plantules à des fins de conservation et de multiplication.

Reptile de la faune Guyanaise

Reptile de la faune guyanaise

L’humidité ambiante empêche les incendies de forêt. C’est un gage de préservation de la faune, de la flore.

Nous n’avons pas peur pour nos enfants. Une industrialisation responsable et respectueuse de l’environnement pourrait aider à un démarrage économique de la Guyane, pour changer la structure de la société guyanaise. Elle est constituée essentiellement d’enseignants, de fonctionnaires, de commerçants. Des élèves qui sortent des écoles … et pas d’emploi.

Araignée dans la forêt guyanaine

Araignée de la forêt Guyanaise

Le cyanure nous préoccupe. Quel est son usage dans la mine? Comment est-il rendu inoffensif ?

Mercredi 27 septembre 2006

A quoi sert le cyanure dans la mine ?

Le cyanure est employé dans l’industrie minière depuis bien longtemps.

Dans la mine d’or de Camp Caïman, il sera mélangé à la saprolite (roche décomposée, oxydée). Cette roche est broyée et passée dans une solution de cyanure afin de mettre en solution l’or emprisonné de la roche. Par la suite, l’or en solution est capté par du charbon actif (généralement du charbon de noix de coco). L’or est finalement récupéré sur des plaques, par électrolyse classique.

Pastilles de Cyanures

Pastilles de NaCN (dimension 6 cm)

D’année en année, les événements et expériences font que ces procédés sont sans cesse améliorés, toujours dans le sens de la sécurité du personnel, des populations et de l’environnement.

Dans l’enceinte de l’usine

A l’usine, le cyanure circule en circuit fermé. Lorsque l’or est prélevé, 50% du cyanure est recyclé, le reste passe dans une unité de destruction des cyanures, toujours à l’intérieur de l’usine. Les boues qui ont été traitées ne quittent le périmètre de l’usine vers le parc à résidus que si la teneur est inférieure ou égale à 1mg/L de cyanure, (1 milligramme par litre ; 1ppm = 1 part par million de parts, c’est aussi égal à 1 mg/litre). Ce procédé de traitement des cyanures fait l’objet d’un suivi quasi continu afin de respecter la norme prescrite. Ainsi, aucun résidu ne sortira de l’usine si la norme n’est pas respectée.

Est-ce que le cyanure est dangereux ?

Oui, à forte dose, il peut tuer comme d’autres produits.

Camions de transport du Cyanure

Le cyanure est transporté dans des remorques et récipients spéciaux, qui peuvent encaisser des chocs et flotter.

Trouve-t-on du cyanure dans la nature?

Oui, dans certains aliments, notamment le manioc amer et doux. Le manioc non cuit présente des teneurs de

  • 40 à 130 mg de cyanure par kg (ou litre)(manioc doux)
  • 80 à 412 mg de cyanure par kg (ou litre) (manioc amer)

Pour plus d’informations sur le manioc, vous pouvez consulter ce fichier
http://www.eatwelleatsafe.ca/frfiles/factsheets/Manioc.pdf (PDF)

Selon les informations rapportées sur ce site, les produits avec moins de 50 mg de cyanure par kg sont considérés comme inoffensifs. Vous n’avez jamais été malade après avoir mangé du manioc. Ne changez surtout pas vos habitudes.

D’autres fruits contiennent aussi du cyanure, extrait de Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyanure#Dans_la_nature

Les noyaux de fruits, comme les cerises et les abricots, contiennent souvent des cyanures ou des glycosides cyanogènes. Les graines de pomme en contiennent également. Les amandes amères dont on fait de l’huile d’amande contiennent aussi un glycoside cyanogène, l’amygdaline.

Carte de la montagne de Kaw avec les concentrations de cyanures à Camp Caïman

Carte de Camp Caïman avec teneurs en cyanure ( cliquer pour agrandir la carte )

La carte présente les teneurs en cyanure à la sortie de l’usine et à la sortie du bassin de décantation du parc à résidus créé pour récupérer les eaux de ruissellement du parc (tache bleue). Les teneurs dans les cours d’eau sont calculées parce que non détectables.

Dans le parc à résidus, le cyanure contenu dans les boues épaissies est oxydé et fixé avec d’ autres éléments (accélération de processus naturels) et devient inerte. Les rayons ultraviolets (UV) dégraderont encore les cyanures et seulement les eaux de ruissellement sortiront du parc à résidus à une teneur inférieure à 0.1 mg/L qui est la norme de rejet des effluents liquides dans le milieu naturel. Et très rapidement, il va continuer à être détruit par les UV et se diluer. Il devient inférieur au seuil de détection des méthodes d’analyses dès son arrivée dans la Kounana.
La carte montre les teneurs estimées le long des 40 km de méandres du trajet qui conduit l’eau dans l’Oyak appelé ainsi à partir de la confluence Orapu / Comté.

Unité de contrôle des cyanures

L’unité de contrôle des cyanures

En résumé

  • Le cyanure sera déjà traité à l’intérieur de l’usine, et n’en sortira que s’il est inférieur ou égal à 1 mg par litre.
  • Le cyanure en trace contenu dans les eaux de ruissellement du parc à résidus sera en grande partie détruit par les rayons ultraviolets et en sortira à une teneur inférieure ou égale à 0,1 mg par litre qui est la norme légale des rejets des eaux dans le milieu naturel.