Guyane, questions de la FEDOMG au Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer
16 août 2007Dans les questions posées au Secrétaire d’Etat français à l’Outre-Mer lors de son passage en Guyane les 14, 15 et 16 août 2007, il y avait celles de la Fédération des Opérateurs Miniers de Guyane qui sont reproduites ici, intégralement:
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Discours de la Présidente de la FEDOMG au MINISTRE DE L’OUTREMER à la CCIG en présence de socio-professionnels
Mardi 14 aout 2007
Monsieur Le Ministre
Monsieur le Préfet
Monsieur le Président de Région
Monsieur le Président du Conseil Général
Messieurs et Mesdames les Elus
Messieurs et Mesdames les acteurs du développement économique
Monsieur le Ministre
Vous venez en Guyane, en plein mois d’aout, nous parler de développement économique et vous nous faites savoir par voie de presse que le projet camp caiman est à nouveau gelé dans l’attente des journées de Grenelles.
En réalité, ce n’est pas seulement le dossier de camp caiman que vous avez mis sous le coude puisque, toutes les décisions d’octroi de titres ont aussi été mises en attente.
En fait, le gouvernement et ses services en Guyane ont bloqués le secteur industriel minier tout entier, en espérant que les journées de Grenelles vous permettent de décider d’une politique minière en Guyane. Et pour couronner le tout, vous n’y associez même pas les professionnels de ce secteur pour qu’ils exposent également la réalité de terrain.
Il n’est pas acceptable que le sort réservé à tout ce secteur minier soit décidé en dehors des acteurs du développement économique de notre région.
En 15 ans l’Etat, les collectivités et la profession ont réussi à organiser, à fédérer, et à structurer ce secteur. Il atteint aujourd’hui la 2ème place dans l’économie de la Guyane, juste après le spatial. Tous les acteurs de ce secteur (artisans- PMI- multinationales) y ont trouvé leur place grâce au nouveau code minier qui a été crée pour atteindre cet objectif.
Or, en dépit de toute cette mobilisation de moyens financiers, humains, et administratifs mis en œuvre, notre secteur est confronté à toujours plus d’obstacles administratifs et principalement en termes d’accès à la ressource.
Aucune stratégie de développement, aucune politique minière n’ont été défini avec la filière. Notre secteur doit s’adapter au changement d’orientation de Paris, sans concertation et souvent, sans préavis.
Les entreprises (les légalistes) qui ont fortement investi souffrent de:
- La totale opacité et insécurité juridique relative aux normes opposables aux pétitionnaires, à l’occasion de l’instruction des demandes ;
- l’absence totale de règles précises quant aux zones réservées à l’activité minière ;
- des délais interminables dans l’instruction des demandes ;
- l’absence totale de réflexion quant à l’adaptation des règles édictées sur le plan national, aux contraintes spécifiques de la Guyane (l’absence de voie de communication, l’absence de structures relatives au traitement des déchets ; l’absence de laboratoire habilité à traiter les analyses exigées par l’administration, l’absence de détaxe du carburant…)
Pour l’exemple, en 2000 c’est plus d’une centaine de demandes de permis minier qui était traitée dans l’année,
en 2007, on atteindra à peine 20…
Tous ces obstacles dressés contre les opérateurs légaux aboutissent à la disparition de la profession légale alors qu’en parallèle le développement de l’activité clandestine est exponentiel.
Pourtant, nous n’avons pas cessé de mettre l’accent sur :
- l’inadaptation des mesures mises en place pour lutter contre ce fléau…
- l’inefficacité des opérations ANACONDA qui ont principalement pour conséquence un déplacement géographique ou temporel du problème ;
- la mise en danger des salariés des entreprises légales, qui travaillent dans la terreur, et se font assassinés par les clandestins (le dernier assassinat date de jeudi dernier)
Une telle absence de politique minière revient purement et simplement à mettre à la disposition des clandestins les ressources aurifères du territoire et l’Etat s’attache à ne pas dévoiler l’étendu catastrophique des dégâts sur l’environnement et l’économie Guyanaise.
Alors, Monsieur le Ministre, notre secteur vous demande :
Le déblocage immédiat de l’accès à la ressource grâce à la clarification et la simplification des règles ;
La substitution sur le terrain des clandestins par des opérateurs réguliers (seule une occupation massive de tout le territoire permettrait de lutter contre)
La définition d’une politique minière à 20 ans, avec les moyens juridiques financiers et structurels qui l’accompagnent garantissant ainsi sa pérennité. (Ce travail devra se faire en collaboration avec l’état, les collectivités et la profession loin des salons Parisiens).
La mise en œuvre de moyens militaires pour lutter contre l’orpaillage clandestin (car sur nos sites, dans nos entreprises, nous travaillons en pays occupé par les clandestins)
Monsieur le Ministre
Les Guyanais doivent ils continuer à s’expatrier au Surinam pour exercer leur activité ?
Quant allez-vous associer les professionnels de ce secteur pour en faire une grande filière aurifère française et européenne dans notre département ?
A quant la rupture pour un vrai changement ?

